
Le plus petit groupe du monde (Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !). |
PrésentationNous sommes les Palotins, les contempteurs vassaux et vavassaux du ban et de l'arrière-ban de l'Empereur-Princeps et Roy de Pologne, Badinou von Gidouille. Nous cervelons et décervelons, nous servons et asservissons. ![]() La louange au Bad devant être honnête, sincère et franche, elle ne peut être réalisée que par une seule personne : Bad. D'où il s'ensuit que la Gidouille du groupe ne peut contenir qu'une seule personne. Les personnes désirant s'y inscrire pourront néanmoins poser candidature d'affiliation à la Sainte Gidouille, à des fins de fusion diverses et variées, telles que citées par Aristophane, ès lib. Platoni, De dignita braguettas cum pimento. Je fus pendant longtemps ouvrier ébéniste Dans la ru’ du Champs d’ Mars, d’ la paroiss’ de Toussaints ; Mon épouse exerçait la profession d’ modiste Et nous n’avions jamais manqué de rien. Quand le dimanch’ s’annonçait sans nuage, Nous exhibions nos beaux accoutrements Et nous allions voir le décervelage Ru’ d’ l’Echaudé, passer un bon moment. Voyez, voyez la machin’ tourner, Voyez, voyez la cervell’ sauter, Voyez, voyez les Rentiers trembler; (Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu ! Nos deux marmots chéris, barbouillés d’ confitures, Brandissant avec joi’ des poupins en papier Avec nous s’installaient sur le haut d’ la voiture Et nous roulions gaîment vers l’Echaudé. On s’ précipite en foule à la barrière, On s’ flanque des coups pour être au premier rang ; Moi j’me mettais toujours sur un tas d’pierres Pour pas salir mes godillots dans l’sang. Voyez, voyez la machin’ tourner, Voyez, voyez la cervell’ sauter, Voyez, voyez les Rentiers trembler; (Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu ! Bientôt ma femme et moi nous somm’s tout blancs d’ cervelle, Les marmots en boulott’nt et tous nous trépignons En voyant l’Palotin qui brandit sa lumelle, Et les blessur’s et les numéros d’ plomb. Soudain j’ perçois dans l’ coin, près d’ la machine, La gueul’ d’un bonz’ qui n’ m’ revient qu’à moitié. Mon vieux, que j’ dis, je r’connais ta bobine : Tu m’as volé, c’est pas moi qui t’ plaindrai. Voyez, voyez la machin’ tourner, Voyez, voyez la cervell’ sauter, Voyez, voyez les Rentiers trembler; (Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu ! Soudain j’ me sens tirer la manche’par mon épouse ; Espèc’ d’andouill’, qu’elle m’ dit, v’là l’ moment d’te montrer : Flanque-lui par la gueule un bon gros paquet d’ bouse. V’là l’ Palotin qu’a juste’ le dos tourné. En entendant ce raisonn’ment superbe, J’attrap’ sus l’ coup mon courage à deux mains : J’ flanque au Rentier une gigantesque merdre Qui s’aplatit sur l’ nez du Palotin. Voyez, voyez la machin’ tourner, Voyez, voyez la cervell’ sauter, Voyez, voyez les Rentiers trembler; (Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu ! Aussitôt j’ suis lancé par dessus la barrière, Par la foule en fureur je me vois bousculé Et j’ suis précipité la tête la première Dans l’ grand trou noir d’ousse qu’on n’ revient jamais. Voila c’ que c’est qu’d’aller s’ prome’ner l’ dimanche Ru’ d’ l’Echaudé pour voir décerveler, Marcher l’ Pinc’-Porc ou bien l’Démanch’- Comanche : On part vivant et l’on revient tudé ! Voyez, voyez la machin’ tourner, Voyez, voyez la cervell’ sauter, Voyez, voyez les Rentiers trembler; (Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !
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